Tradition des tarots de Marseille

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#1 18-07-09 14:17:45

Logos Rider
Membre Maison Dieu
Date d'inscription: 11-06-09
Messages: 431

Cut-Up

(ça dérape un peu mais c'est du partage)

Un texte du Hassid Lysergique... "La Kabbale est elle un cut-up ?"

http://www.paganguild.org/pissier/diver … cutup.html

On pourra y voir une analogie avec le tarot...

***

Et puisqu'on est dans l'analogie, je ressens souvent que le tarot vibre sur une fréquence Trickster/Mat... Qui est aussi celle des champignons, de l'iboga ou de l'acide et qui explique sûrement pourquoi ils s'entendent si bien... En image, ça donnerait un tryptique tel que Pape/Mat/Diable...

Le tarot a un côté irrésistiblement nomade et constructif/additif (d'où le terme de cathédrale nomade)... Qui n'est pas sans rappeler le cinéma et son enchevêtrement de "séquences"... Un film est un non-lieu qui signifie par la mise en réseau de séquences/intensités... L'exemple le plus caricatural serait le syntaxe du cartoon

Le mode opératoire serait celui du Jugement : l'Esprit descend et offre le message en Imagination, qui deviendra Verbe si elle circule dans un cerveau qui peut recevoir la lumière (ce qui nécessite un "reformatage", une mise en ordre de la grammaire des intensités... Ce qui peut être vu comme la (re)naissance d'un troisième personnage au milieu des 2 précédents : l'union actif/passif produit le "sel" qui est à mettre en relation avec la lucidité et la vivacité d'esprit de l'Impératrice)... Les noces du X et du X créent un "." (X . X), un germe/nom androgyne (un cerveau ouvert qui sépare et réunit coeur et intellect) qui va croître sous l'effet de l'image/verbe pour devenir une mandorle... L'amande qui est le symbole - visible - du secret vivant dans l'ombre et qu'il convient de découvrir afin de s'en nourrir... On parle bien du Germe/Nom

***

De même que dans cet extrait :


Hyperespace et embrayeurs

Alors, le réseau n'est plus seulement le tressage de voies fixes dans lesquelles quelque chose peut se déplacer, il n'est plus seulement, ni même d'abord, le support de la circulation. Le flux devient premier par rapport aux pôles entre lesquels il circule et le réseau se conçoit comme un tissage sans centre ni périphérie. Il tend à se dissocier de tout territoire particulier, il n'est plus ce qui lie des lieux entre eux, il est devenu un "lieu" en lui même, un lieu au delà des lieux, si je puis dire, ou un hyperespace 5\ dans lequel les différents points ne sont plus déterminés par la distance qui les sépare, mais par la densité des échanges qui y transitent, par l'intensité des flux qui y circulent. Cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas une hiérarchie quantitative des voies, des pôles de condensation, des noeuds et des points privilégiés d'accès. Mais nous assistons bien à un processus de déterritorialisation, au sens ou nous sortons d'une logique de l'espace hiérarchisé et délimité par le tracé rigide des frontières, un espace où s'opposent le proche et le lointain, l'ici et l'ailleurs, le dedans et le dehors. Ou du moins, cette logique de l'espace territorial cède le pas devant la logique du réseau qui la double, la recouvre et la met en tension. Et ce n'est pas seulement le rapport à l'espace qui change, mais aussi le rapport au temps. Non seulement parce que nous assisterions à une accélération des échanges, à une course vers la simultanéité, l'instantanéité, l'immédiateté, ce qui reviendrait à une abolition du temps, mais parce qu'à la logique de la succession linéaire et descendante des causes et des effets vient se substituer, ou tout au moins s'ajouter, une logique de l'interrelation, de la rétroaction, de l'émergence et de la complexité.

La caractéristique principale du réseau comme forme est d'en finir avec le seul jeu des oppositions duales dans lesquelles s'organisait une bonne part de la pensée et de la construction des représentations. Les oppositions entre l'intérieur et l'extérieur, le dedans et le dehors, l'ici et l'ailleurs, perdent beaucoup de leur pertinence et de leur efficacité. C'est en ce sens que le monde en réseau est un monde sans dehors, non pas parce que tout le monde en ferait partie, parce que rien ni personne n'en serait exclu, mais parce que le réseau ne se présente pas comme un périmètre défini par une frontière, un territoire qui se fermerait sur lui-même derrière la protection de ses remparts. Un réseau, au sens contemporain du terme, peut être plus ou moins dense, plus ou moins lâche ou poreux, il peut se raréfier jusqu'à la disparition, mais il ne se définit pas, dans son fonctionnement, par rapport à une extériorité ou une altérité externe qui le déterminerait dans le même plan. L'exclusion du réseau est un passage à une autre dimension, une dénivellation dans l'ordre des plans. Et cela signifie que le réseau n'abolit pas les autres dimensions, celle de l'espace physique, par exemple, mais qu'il inaugure une multidimensionalité à la fois spatiale et temporelle qui constitue en tant que telle l'espace réel et intellectuel à l'intérieur duquel nous nous déplaçons. En échange, ces déplacements impliquent le passage de strate à strate, de plan à plan, d'une échelle à l'autre. Ils supposent qu'il existe ce que l'on pourrait appeler des embrayeurs, qui nous permettent d'articuler les différentes dimensions dans lesquelles nous circulons, comme un aéroport, un supermarché ou une bretelle d'autoroute sont des articulations entre différents champs spatio-temporels de circulation 6\. Dans la logique du réseau, il n'y a pas de salut ou d'échappatoire en dehors du réseau. L'altérité n'y est plus une extériorité, mais une modalité interne différente de circulation et de fonctionnement. De ce point de vue, parler d'un monde sans dehors n'est pas parler d'un monde clos, d'un monde qui se fermerait sur lui-même.

La proposition selon laquelle nous vivons dans "un monde sans dehors" est devenue depuis le début des années 90, sinon un lieu commun, du moins une idée qui court, et qui traverse bien des analyses depuis la fin des années 80. On la retrouve aussi bien dans la façon dont on peut rendre compte des grandes figures idéologiques de la société postmoderne (chez Negri par exemple), dans la critique que fait Deleuze de la société de contrôle ou les textes qui inaugurent de nouveaux modes de résistance (je pense au célèbre texte d'Hakim Bey sur les TAZ), ou encore dans les approches de la globalisation économique et communicationnelle (par exemple chez Rifkin avec "L'âge de l'accès"). Dans tous les cas, elle me semble mettre en jeu, directement ou implicitement, le réseau comme forme d'organisation de l'espace. Et elle rappelle que chaque société articule l'espace concret dans lequel elle se déploie et les représentations dans lesquelles elle se reconnaît avec des façons de voir et de regarder, des dispositifs dans lesquels s'organise la vision et qui constituent des régimes de visibilité. Ce que l'on voit ou ne voit pas ne relève pas seulement du constat de fait et ne se réduit pas à une réalité objective indépendante de ses conditions fonctionnelles et culturelles de possibilité. Il ne suffit pas d'avoir des yeux pour aller se promener jusqu'à un belvédère contempler le paysage. Il a fallu, à la Renaissance, que la notion de paysage commençât à exister, et qu'avec elle fut déjà instaurée la posture de distance, de retrait esthétique du sujet de la contemplation.

Dernière modification par Logos Rider (18-07-09 16:36:28)

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