Tradition des tarots de Marseille

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#51 03-02-08 10:51:52

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Que l'Ecole de Chartres ait œuvré à formuler de la cosmogonie et de la théologie chrétiennes au XIIe siècle avec des références d'auteurs anciens ne signifie pas que ce sont ces conceptions-là ou des développements de celles-ci qu'on retrouve dans les tarots populaires type TdM, même si leurs spéculations intellectuelles ont eu une influence sur la littérature de... cour.

Nous restons toujours dans les élites sociales de l'époque, alors que le tarot (TdM) est un jeu populaire, appartenant même au "folklore". Si le mouvement du tarot fut du haut de la société (les intellectuels des monastères ou des palais) vers le bas du peuple - un jeu pour le distraire et l'éduquer -, nous aurions aujourd'hui tous les documents utiles pour suivre la genèse du tarot dans ces cercles lettrés, avec les noms des contributeurs (comme pour les travaux de l'Ecole de Chartres), comme on l'a pour les tarots princiers, qui restent pour moi des copies remaniées - "corrigées" - du jeu d'origine populaire, dont les TdM sont sans aucun doute le reflet le plus fidèle.

La mentalité des moines, clercs ou parasites sociaux hantant les cours dorées des palais (la noblesse, ses princes et nobles courtisans, etc.), leurs conceptions du monde sont peut-être marquées par les développements de ces théologiens médiévaux, avec une lecture bien spéciale des auteurs anciens, mais cela ne sort pas de leurs milieux ultra-privilégiés, les seuls à même d'avoir accès à leurs écrits ou à quelques savants les ayant étudiés pour en parler. L'amour courtois teinté de néoplatronisme, mais quel intérêt pour une personne du bas peuple? Le monde chevaleresque que décrit cette littérature est bien loin de ses réalités, de ses préoccupations, de ses traditions (orales essentiellement).

Quelle est la culture ou la mentalité paysanne à cette époque? Quelles sont leurs conceptions du monde ou leurs loisirs? Qui étaient ces "cagots", autres parias de l'époque?... On est peut-être bien renseigné sur la vie et les intrigues des privilégiés de ces époques, ou sur l'histoire des cités, mais bien peu sur le peuple lui-même, surtout en milieu rural, sauf à connaître quelques révoltes ou jacqueries écrasées dans le sang par les nobles, rétablissant leur "ordre divin". Ce que je veux surtout dire, c'est que les spéculations de ces théologiens néoplatoniciens précurseurs n'ont eu pratiquement aucune influence sur le peuple lui-même, seulement sur la "jet-set" de l'époque.



Saint Jean Baptiste est bien le saint patron de Florence - la Vierge au rocher de Léonard de Vinci le rappelle aussi -, mais je ne vois pas de carte du tarot ayant saint Jean Baptiste pour thème (ni même un épisode de la vie du Christ), d'autant que l'art "officiel" (d'église ou de cour) produit des représentations "sacrées" sans aucune ambiguïté sur le représenté religieux, même si elles sont enrichies de quelques allégories pour la situation contemporaine, politique, par exemple, comme dans le cas exploré par Kwaw.

Et puis, pour revenir au fil de départ... représenter un phallus, et même plusieurs... voilà qui est bien aux antipodes du néoplatonisme chrétien! On a accusé certains artistes d'avoir causé la colère de Dieu pour avoir représenté la nudité (pourtant assez rare), et furent accusés d'être à l'origine de la grande épidémie de peste noire qui débuta au milieu du XIVe siècle, et durera près d'un siècle, jusque vers 1440, ce qui est grosso modo une date possible de l'apparition du tarot, puisque de peu antérieure au tarot Visconti - la Mort de ce jeu princier semble évoquer cette épidémie de peste, du reste (traitement différent de ce thème dans le TdM). Une peste qui tua la moitié des habitants de l'Italie et plus de 40% de la population en France. Une pandémie qui a mis durant un temps un coup d'arrêt aux évolutions intellectuelles en cours pour ouvrir une période de pénitences fanatiques marquée par l'obscurantisme religieux, l'intransigeance sur le dogme et la foi - du moins dans les centres urbains, là où cette épidémie était la plus virulente -, et le début de la persécution de masse des prétendus sorcières et sorciers, et des juifs.

Evohé !
Daimonax

Dernière modification par Daimonax (03-02-08 13:20:33)


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#52 03-02-08 16:45:47

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

Daimonax a écrit:

Que l'Ecole de Chartres ait œuvré à formuler de la cosmogonie et de la théologie chrétiennes au XIIe siècle avec des références d'auteurs anciens ne signifie pas que ce sont ces conceptions-là ou des développements de celles-ci qu'on retrouve dans les tarots populaires type TdM, même si leurs spéculations intellectuelles ont eu une influence sur la littérature de...

Le integumentum modes de l'Ecole de Chartres est devenue, comme je l'ai déjà dit, un mode de la poésie populaire et les poètes, c'est de troubadours et jounglers.

Il convient de noter que ces groupes de poètes populaires faisaient partie de la société dominante, ils avaient leurs propres guildes, les guildes riches suffit pour financer la construction d'hôpitaux et des églises.

Bien que la nature de l'emploi était itinérante, cela ne signifie pas qu'elles sont sans abri, beaucoup étaient en fait de familles nobles.

Orphée était le héros de tous les titulaires de poètes et de musiciens, son histoire est considérée comme une allégorie du processus même de la poétique et de figure et est interprétée dans les manuels sur de la musique et de la rhétorique et de la poésie.

Nous n'avons pas besoin de chercher Orphée dans le métro groupes de parias, son histoire et son identité avec les poètes et les musiciens est un lieu commun de la culture dominante.

Il y avait une forte tradition poétique parmi les cercles humanistes de la trop cours, et les cours italiens du 15ème siècle également chaque cour avait son cercle de poètes.

Dans la cour florentine nous n'avons pas seulement trouver Ficino chant orphique d'hymnes à Cosimo Medici dès les 1460's, un autre xour enseignant et poète, Poliziano écrit le verset jouer "d'Orphée".

Si nous constatons tropes orphique, dans le corps de tarot images, c'est parce que, ainsi que toutes les autres images et des concepts du tarot elle appartient à intégrer la culture populaire, avec des images de partout au sein de l'architecture, l'art, la littérature, la poésie, la philosophie, les festivals Et divertissements de la journée; pas élitiste dans certaines souterraines secrètes culte perdu pour les annales de l'histoire, mais encore capable, selon Daimonax, à l'effet de la culture commune d'une manière patrons de la société, les auteurs de ses artistes et artisans et des festivals, ne pouvaient pas, il dit.

Le premier complète tarot comme pont avec une structure déterminée de 22 atouts est que d'ici à la cour de Ferrare poète Boiardo. La poésie était tenu en haute estime dans les tribunaux et tous avaient des cercles de poètes, qui étaient souvent aussi responsable de l'organisation de festivals, de spectacles et de jeux.

Ils ont leurs cartes peint, ils ont leur poètes occupé à l'invention de jeux de cartes, mais aussi la Cour de l'D'Este à Ferrare a sa propre la presse d'imprimerie, nous avons les dossiers Pour le paiement de l'ébéniste pour une presse à imprimer en 1436.

Il ya également le dossier d'une imprimerie pour bloquer un paquet de cartes à jouer en 1454; et d'une note d'une imprimerie pour bloquer pour un ensemble d'atouts prêté par le duc de Borsa en 1459. Donc, nous avons l'impression de presse et des blocs pour les cartes, dont l'objet est de rendre les cartes disponibles en quantité à bas coût.

Poetic invention a été appréciée et pratiquée dans certains des premiers jeux enregistrés pour le Tarot, celui de la création d'un verset poétique improvisent à partir d'une carte tirée d'un autre joueur, un jeu poétique appellé "tarocchi appropriati".

La coupe et balles de routine est aussi une métaphore de la rhétorique, et rappelez-vous que le jongleur était également, ainsi que d'un magicien, un poète. Le jongleur fait des cabrioles de phrases, jongle avec ses plus beaux paradoxes.

Dernière modification par kwaw93 (05-02-08 22:48:05)


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#53 04-02-08 12:53:07

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

Parmi les neoplatonist de la renaissance d'une autre favorisé figurement de cette situation était que de la "naissance du mystère de Vénus". Venus Urania, identifié avec la vierge céleste, est née de l'écume de la mer qui a été réalisé à partir de la castration de Uranus.

Uranus c'est le ciel, représente l'esprit, sa graine tombe dans la mer, la mère de nous tous; et engendre de Vénus, qui est l'âme qui incarne dans le monde dans plusieurs formes.

Le pénis est l'instrument de l'incarnation de l'âme dans le monde changeant du changement, sa «séparation» représente le sens de la séparation de l'âme spirituelle de son domicile au cours de son "exil" ou de "pèlerinage" dans ce monde.

Le démembrement de pénis entre les mains du bateleur, donc, peut-on dire pour signifier le moment de la naissance, l'incarnation d'une âme en exil sur un pèlerinage dans ce monde.

Il s'agit d'un thème très répandue; commun trope poétique de l'époque.

Dernière modification par kwaw93 (04-02-08 12:55:56)


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#54 05-02-08 07:35:35

Laurent EDOUARD
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

kwaw93 a écrit:

Parmi les neoplatonist de la renaissance d'une autre favorisé figurement de cette situation était que de la "naissance du mystère de Vénus". Venus Urania, identifié avec la vierge céleste, est née de l'écume de la mer qui a été réalisé à partir de la castration de Uranus.

Uranus c'est le ciel, représente l'esprit, sa graine tombe dans la mer, la mère de nous tous; et engendre de Vénus, qui est l'âme qui incarne dans le monde dans plusieurs formes.

Le pénis est l'instrument de l'incarnation de l'âme dans le monde changeant du changement, sa «séparation» représente le sens de la séparation de l'âme spirituelle de son domicile au cours de son "exil" ou de "pèlerinage" dans ce monde.

Le démembrement de pénis entre les mains du bateleur, donc, peut-on dire pour signifier le moment de la naissance, l'incarnation d'une âme en exil sur un pèlerinage dans ce monde.

Il s'agit d'un thème très répandue; commun trope poétique de l'époque.

Bonjour Knaw93,

je n'ai pas encore eu le plaisir de te saluer.
C'est fait ! D'autre part, je te remercie de ta réelle implication et de l'excellent contenu dont tu nous fais profiter.
C'est un plaisir de te lire.

J'aime beaucoup l'explication faite ci-dessus.
J'ignorais ça totalement :-(

Meilleures pensées,
Laurent E.


****************************************************
Lecture psychologique des tarots de Marseille -
- 4 étoiles dans le Guide de la Voyance d'Anne Placier -
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#55 05-02-08 10:58:27

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Moi, je dois dire que ça ne me convainc pas du tout, malgré la qualité des références engagées. Hélas guère de temps en ce moment pour m'engager dans des contre-dissertations détaillées, les objections étant généralement plus longues que les affirmations.

Je dirai seulement ceci pour cette fois: il y a une unité dans la carte du Bateleur qui oblige à voir des relations étroites entre le personnage et les objets qu'il tient en main, dont ce phallus chez Noblet, et avec aussi la table située devant lui et tous ses objets posés dessus, une unité qui doit se prolonger pour les trois autres fois où ce personnage du jeune homme reparaît dans le jeu (6, 7 et 12). On peut critiquer mes théories, mais au moins elles font un tout de tous les éléments de cette carte avec une référence unique, qui s'applique aussi bien aux autres cartes, à commencer par celles où ce jeune homme réapparaît, et de tenir un discours identique selon que c'est la baguette classique des autres TdM pour le Bateleur ou le phallus dans le cas - unique - de Noblet.

Et je pense que l'illustration du discours chrétien tenu sur les mythes anciens à la manière des néoplatoniciens tardifs aurait été totalement différente si c'est le cheminement cosmogonique exposé par Kwaw qui avait été le point de départ de cette image (ou du jeu en entier), le sens voulu par l'illustrateur anonyme premier. D'ailleurs, les tarots issus des cours princières où cette bouillie théologique christiano-néoplatonitienne avait les faveurs des gens cultivés on ne voit pas ce phallus, et la suite du raisonnement de Kwaw n'est pas suivie non plus, car il n'y a qu'une femme sur l'Amoureux du Visconti, ou un cortège d'amoureux chez le pseudo-Charles VI: dans ces cours cultivées, pour cette carte, on semble ignorer ces "deux Vénus" issues du Bateleur et de son phallus coupé.

Rapidement encore sur ce qui précède: oui j'ai oublié de citer les troubadours parmi l'élite intellectuelle du moment, et leurs transpositions poétiques des conceptions développées par ces théologiens délirants s'inspirant du néoplatonisme tardif. Mais ça reste encore une élite sociale, avec une diffusion auprès du peuple limitée. Une diffusion poétique d'abord, donc s'éloignant dans la forme des spéculations dialectiques des théologiens, comme une libre transposition. Et puis ce sont des poètes, pas des graphistes, comme les théologiens, leur expression première est l'écrit, pas l'image.

A bientôt pour la suite, dès que je peux, que ma fille e ses études, mon activité syndicale, mon travail ou mes corvées domestiques (que he néglige autant que possible) me laisseront une ouverture.

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#56 05-02-08 11:14:17

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

A noter. Dans le Banquet de Platon (Symposium), les deux Vénus appartiennent au discours de l'amant d'Agathon (son nom m'échappe de mémoire à l'instant, je regarderai ce soir), qui oppose une Aphrodite impudique, celle de la sexualité ordinaire, disons l'hétérosexualité, jugée physique car engendrant des enfants, et une Aphrodite pure qui est celle des amours homosexuelles, un amour et une sexualité échappant à la génération physique, donc purs selon le raisonnement rapporté par Platon. Que les théologiens chrétiens aient fait de cette face de la déesse, devenue double, celle de l'amour et de la sexualité homosexuels, une telle allégorie spirituelle m'amuse sur le fond.

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#57 05-02-08 21:59:54

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

Il y avait une forte tradition poétique parmi les cercles humanistes de la trop cours, et les cours italiens du 15ème siècle également chaque cour avait son cercle de poètes.

Dans la cour florentine nous n'avons pas seulement trouver Ficino chant orphique d'hymnes à Cosimo Medici dès les 1460's, un autre cour enseignant et poète, Ange Politien écrit le verset jouer "d'Orphée".

citation:

"Orphée (en italien : La favola d'Orfeo) est une pièce de théâtre écrite en 1480 à l'occasion des noces de François de Gonzague et d'Isabelle d'Este alors que Politien se trouvait à Mantoue au service du cardinal Francesco Gonzaga. L'œuvre fut composée en deux jours de géniale improvisation. Le thème lui fut suggéré par les versions classiques du mythe et en particulier celles d'Ovide et de Virgile : le poète mythique Orphée descend dans les Enfers pour ramener sur terre sa femme Eurydice, morte après avoir été mordue par un serpent en fuyant un berger amoureux d'elle. Emus par le chant d'Orphée, les dieux lui permettent de descendre aux enfers pour aller chercher Euridice, à condition de ne pas la regarder avant d'être remonté à la surface de la terre. Orphée va malgré lui transgresser cet interdit et il va perdre Eurydice à jamais à l'instant même où il croyait l'avoir sauvée. Revenu seul des enfers, il va se réfugier dans une féroce solitude. En refusant le commerce des femmes, il provoque la colère des disciples de Bacchus qui, en proie à une violente folie meutrière, le mettent à mort.

"Avant cette oeuvre, les seules pièces en italien sont les sacre rappresentazioni (connues dans toute l'Europe sous le nom de mystères) dont les thèmes sont généralement religieux. La favola di Orfeo est donc la première pièce qui soit véritablement d'argument profane, d'où son importance littéraire. Ce mythe est particulièrement apprécié à la Renaissance : on y voit une exaltation de la poésie, de ses capacités civilisatrices (Orphée adoucit les bêtes sauvages par son chant) et de la victoire sur la mort, même si elle est temporaire. Politien fait ici coexister plusieurs langages : à la simplicité des bergers, il entremêle le chant élégant d'Orphée tout imprégné de références classiques. Certains passages sont d'un réalisme frappant, tel le choeur des bacchantes qui clôt la pièce. Ce même mythe donnera une seconde naissance au théâtre profane italien, puisque c'est avec l'Euridice de Jacopo Peri que s'ouvrira l'histoire de l'opéra en 1600.

fin citation: http://fr.wikipedia.org/wiki/Ange_Politien

daimonax a écrit:

Et puis ce sont des poètes, pas des graphistes, comme les théologiens, leur expression première est l'écrit, pas l'image.

Ange Politien Écrivit aussi le verset sur Vénus le sacré et le profane ~

citation:

"Quelques générations à peine plus tard naîtra le néo-platonisme musical. Nous savons que cette Naissance de Vénus, et le Printemps qui en est la suite exacte, a été lancé en tant qu'idée par Laurent le Magnifique lui-même, traduite en vers par son humaniste préféré, Ange Politien, commentée par le petit génie Pic de la Mirandole, accréditée par le patriarche Marsile Ficin et le livret a été ficelé pour être confié à Sandro Botticelli. Cela va de Laurent le Magnifique à tout l'humanisme de la Florence de cette seconde moitié du 15e siècle pour enfin être donné à Botticelli qui a donc scrupuleusement suivi un texte : la naissance de la Vénus profane et le couronnement de la Vénus sacrée. C'est écrit par Ange Politien d'après une ode de Hésiode et c'est en fait Lorenzo di Pierfrancesco qui va payer cette oeuvre."

Enfin citation: http://www.bergerfoundation.ch/Sandro/4 … temps.html

Pic de la Mirandole décrivant la montée et la descente de "l'échelle" de la raison que les mesures sur lesquelles:

"Nous allons descendre parfois, avec force titanesque déchirant l'unité comme Osiris dans de nombreuses pièces, et nous allons parfois monter, avec la force de Phoebus collecte des pièces comme les membres d'Osiris en une unité."

(Comme daimonax homosexualité semble trouver très drôle, que Politien était soupçonné d'être un amateur de Pic de la Mirandole peut lui donner un grand rire.)

Kwaw

Dernière modification par kwaw93 (05-02-08 23:14:39)


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#58 05-02-08 23:23:49

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

(Comme daimonax homosexualité semble trouver très drôle, que Politien était soupçonné d'être un amateur de Pic de la Mirandole peut lui donner un grand rire.)
Kwaw

Il y a méprise, car en soi l'homosexualité ne me fait "pas rire". Sans jamais en avoir été adepte, je n'ai rien contre, d'excellents amis à moi le sont. Ce qui me faisait rire, c'était ces théologiens chrétiens faisant d'une Aphrodite de l'homosexualité dans Platon une Aphrrodite "céleste", ou spirituelle, alors même que l'Eglise était d'une extrême intolérance pour l'homosexualité, où même on risquait la mort si on s'y adonnait. C'est ce paradoxe qui me faisait rire, c'est tout.

Daimonax


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#59 06-02-08 00:14:42

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

Daimonax a écrit:

Il y a méprise, car en soi l'homosexualité ne me fait "pas rire". Sans jamais en avoir été adepte, je n'ai rien contre, d'excellents amis à moi le sont. Ce qui me faisait rire, c'était ces théologiens chrétiens faisant d'une Aphrodite de l'homosexualité dans Platon une Aphrrodite "céleste", ou spirituelle, alors même que l'Eglise était d'une extrême intolérance pour l'homosexualité, où même on risquait la mort si on s'y adonnait. C'est ce paradoxe qui me faisait rire, c'est tout.

Le jongleur fait des cabrioles de phrases, jongle avec ses plus beaux paradoxes.

Quand Politien écrit:

..."il va se réfugier dans une féroce solitude. En refusant le commerce des femmes..."

Il était jongle avec sa source, selon Virgile, Orphée a refusé le commerce avec les femmes, oui, mais a trouvé refuge pas dans solitude, mais chez des hommes jeunes.

Peut-être certains de l'attraction d'Orphée, et de Platon, dans certains milieux homosexuels était le contenu. Contenu des cours qui ont dû être cachés ou expliquée simplement être acceptable à un plus large auditoire chrétien.


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#60 06-02-08 11:24:23

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

"Orphée (en italien : La favola d'Orfeo) est une pièce de théâtre écrite en 1480 à l'occasion des noces de François de Gonzague et d'Isabelle d'Este alors que Politien se trouvait à Mantoue au service du cardinal Francesco Gonzaga.  (...)

"Avant cette oeuvre, les seules pièces en italien sont les sacre rappresentazioni (connues dans toute l'Europe sous le nom de mystères) dont les thèmes sont généralement religieux. La favola di Orfeo est donc la première pièce qui soit véritablement d'argument profane, d'où son importance littéraire.

Il y a un autre théâtre à cette époque, dont on n'a que des indices, car il se pratiqua loin des villes, pour un public rural, loin des lettrés ayant pu écrire à son sujet. Un théâtre de très longue tradition, existant déjà avant le christianisme, une forme héritée de la comédie atellane.

Une forme de théâtre qui retourne en ville au milieu du XVIe siècle sous le nom de commedia dell'arte, précédé par des marionnettes ayant des personnages similaires. Il a fallu un certain temps avant qu'on reconnaisse derrière certains masques ou personnages ceux - oubliés alors des lettrés - de cette ancienne comédie italiote. Certains évoquent des "invariants" du théâtre populaire, comme le vieux barbon libidineux et avare, Pantalone dans la commedia dell'arte ou Pappus dans la comédie atellane. Mais voilà, certains détails des ces personnages sont préservés pour établir une filiation directe de la dell'arte avec l'atellane.

Déjà dans l'Antiquité impériale, bien des troupes d'atellane sillonnaient les campagnes et dressaient leurs tréteaux pour présenter des pièces, qui tenaient en réalité de pitreries, souvent obscènes, moquant les gens de la ville, les maîtres et propriétaires. Lucien de Samosate y fait allusion au détour pour une métaphore moqueuse envers quelqu'un (mais je ne retrouve plus la référence immédiatement). Cette tradition du théâtre rural ambulant a survécu dans les Balkans jusqu'à ce que le communisme y mette fin, et certains folkloristes qui se sont penchés dessus ont été étonnés de trouver des arguments voire des pièces entières de Sophocle, et des pièces qu'on croyait perdues (elles le sont maintenant après cet "ethnocide" rural), transmises oralement depuis donc la fin de l'Antiquité, mais en traduction en langue populaire, en dialectes locaux. J'y associe aussi les théâtres de marionnettes, art pratiqué en parallèle aussi dans l'Antiquité, même tardive, sur des bases d'atellane toujours.

Certes, l'ouvrage de Julius Pollux (IIe siècle), l'Onomasticon, avait été traduit au début du XVIe à Venise, et certains y voient l'inspiration du théâtre de Zanini, la première troupe de la dell'arte connue, par un acte notarial  Padoue établissant un contrat entre ses membres. Mais, outre que seul un "groupe" a été retrouvé dans la collection réunie par Pollux (donc inspiration douteuse car partielle et avec ds changements, pas d'"imitation" donc), certains détails touchant les noms des personnages - leur étymologie et leurs évolutions-divisions selon des dialectes locaux*, ou des détails de leurs masque ne peuvent s'expliquer totalement par ce biais, et il faut bien y voir la résurgence d'un théâtre semi-clandestin qui égayait les villageois et paysans pauvres, assurant leur survie à ces nomades parias par excellence.

-------------------
NOTE
* Ainsi du personnage Maccus, qui, en osque (samnite), veut dire "petit poulet",  "poussin" ou "jeune coq", qui a été "italianisé" (sans passer par le latin, qui ne mit qu'un "us" à la fin de Maccus) en Pulcinella ou Polichinelle (en français), et même en Arlequin, un dérivé local de Hannequin, de la racine germanique Hann, signifiant coq, nom qu'on peut donc traduire encore en "Petit Coq". (A ne pas confondre avec un autre Arlequin, personnage des enfers, en référence à Dante, bien qu'ils se rencontrent dans un autre aspect mythographique d'origine germano-celte, un "Coq-Chien" des enfers [Hann-Canis].)

Maccus de l'atellane a quelques caractéristiques reprises par ses divers "héritiers":
- une bosse ou verrue sur le front, conservée sur les anciens masques d'Arlequin;
http://bacchos.org/tarothtm/atellanearlequin.jpg
- un nez crochu, comme Pulcinella ou Polichinelle;
- chauve (bonnet blanc de Pulcinelle, avec un autre avatar tardif dans le clown blanc du cirque, spectacle comique dérivé aussi de l'atellane rurale, très proche en réalité);
- une bosse dans le dos et même une au ventre, caractères physiques de Polichinelle qu'on a retrouvés sur une statuette de Pompéi.
http://bacchos.org/Maccuspompei.jpg http://bacchos.org/tarothtm/iconoconclusion/maccus2.jpg

Cette "dispersion" est la marque de l'existence de plusieurs troupes ayant eu leurs propres "inventions" dans leur modèle commun, ainsi que le passage par plusieurs dialectes locaux, italiens ou germanique, pour la transposition des noms d'origine osque. En un mot: la marque d'une tradition "vivante", loin du principe d'imitation pure. Dernière caractéristique commune, outre que provoquer le rire, la pièce suivait un schéma, une trame, avec des repères fixes (du genre une chanson) et des passages d'improvisation, ce que dans la dell'arte on appelle l'"impromptu", un façon d'aborder le théâtre radicalement différente des "mystères" religieux. Si la pièce de Politien (né après le tarot de Visconti) est bien une transposition profane des mystères, la tradition de comédie qu'on retrouve dans la dell'arte n'a rien à voir avec les mystères, n'est absolument pas un dérivé ou une évolution de ce théâtre-là, a bien une autre origine, on ne peut plus populaire, loin des cercles érudits des humanistes.
---------------

Or si la présence de musique est très sommaire dans le tarot (trompe du Jugement et crotales en main pour la bacchante du Monde), loin du raffinement des troubadours, le théâtre est présent sur le Chariot, avec les deux masques sur les épaules du cocher princier (Dionysos-Bacchus encore, dans une représentation classique mais "médiévalisée"). Des masques de théâtre, donc, bien avant que la commedia dell'arte apparaisse en ville ou qu'on commence à imiter l'art antique - car pour moi ces dessins recopiés dans les TdM sont antérieurs au tarot Visconti de plusieurs décennies au moins.

Evohé !
Daimonax

Dernière modification par Daimonax (06-02-08 12:31:04)


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#61 06-02-08 17:05:36

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Concernant le mythe d'Orphée

Les poèmes d'Ovide ou Virgile sur Orphée  ont conservé une trame, une succession de mythèmes très anciens, dont le sens a été en partie "perdu" sous l'influence du platonisme moyen (celui de Plutarque, par exemple).

Pour faire vite, il s'agit d'un ancien chamanisme guérisseur, qui pratiquait l'incubation dans un lieu souterrain, assimilé aux enfers, l'expérience de la mort pour la combattre, pour combattre la maladie. Bien des rites initiatiques en sont dérivés, et cette pratique connut un renouveau et une grande expansion avec les rites incubatoires liés à Asklepios (Esculape), nouveau dieu des guérisseurs et médecins, en succession d'Apollon son père mythologique, quand Apollon devint essentiellement "solaire", perdant ses caractères chtoniens et nocturnes (qui furent alors incarnés par Dionysos), sous la poussée du médio-pythagorisme romain et du médio-platonisme.

Une tradition surtout vivace au nord de la Carie (Asie-Mineure), autour de cités comme Phocée ou de sa voisine Samos (terre natale de Pythagore). Des traces sérieuses archéologiques de ces pratiques, où Apollon - qu'Orphée célébrait - a en réalité sa demeure chez Nuit (parmi les filles de Nuit, Justice, gardant les portes du royaume de Perséphone), ont été relevées à Velia, connue aussi sous le nom d'Elée, cité fondée vers –575 par des Phocéens près de Poseidonia (Paestum), en Campanie, surtout connue pour être la patrie de Parménide (et des "éléates" comme Zénon, et Leucippe) - qui, outre d'avoir été une référence importante pour Platon, appartient à cette lignée de "gardiens de la tanière et guérisseurs", connue par l'épigraphie de Velia/Elée (quatre inscriptions différentes), de la seconde génération de ces colons chassés de leur cité par les Perses (qu'on retrouvera aussi à Marseille - tiens, tiens... - et en Corse).

Mais ça, c'est de l'histoire très ancienne, une digression ici, en "archéologie" du mythe d'Orphée, ce qu'il conserve d'anciens rituels. La culture propre aux Phocéens eut beaucoup d'influence durant les périodes classique et hellénistique en Campanie (dont la région du Vésuve) et en Provence, c'est la culture grecque propre à Marseille, en clin d'œil amical à Yves le Phocéen.

Evohé !
Daimonax

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Servitia regum superborum, suae libertatis immemores, alienam oppugnatum venire. (Tite-Live, II)
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#62 08-02-08 11:27:34

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Daimonax a écrit:

Il y a un autre théâtre à cette époque, dont on n'a que des indices, car il se pratiqua loin des villes, pour un public rural, loin des lettrés ayant pu écrire à son sujet. Un théâtre de très longue tradition, existant déjà avant le christianisme, une forme héritée de la comédie atellane.

Une forme de théâtre qui retourne en ville au milieu du XVIe siècle sous le nom de commedia dell'arte, précédé par des marionnettes ayant des personnages similaires.

Je ne suis pas le seul à le penser, j'ai seulement cherché à rassembler quelques indices nouveaux de mon côté pour mettre au jour cette forme de théâtre rural ayant "échappé" aux commentaires des lettrés des villes, et tiré quelques conclusions plus avant, m'ayant amené à y voir le creuset culturel à 'origine de l'iconographie des TdM, le vecteur direct entre une tradition romaine du théâtre (donc dionysiaque) et sa réminiscence graphique du TdM, avant son autre réminiscence plus tardive qu'est la commedia dell'arte.

Ainsi, sur le site du Théâtre du Soleil, institution reconnue maintenant (voir le film "Molière"), on peut lire sur la page consacrée à l'histoire de la commedia dell'arte:

La première troupe de « comédiens de l’art » dont on a le souvenir s’est formée en Italie du Nord, à Padoue, où huit acteurs, guidés par un certain Zanini, ont souscrit en 1545 devant notaire un contrat professionnel établissant la composition et le règlement de la troupe, appelée Fraternal Compania. Indépendant et sans lieu fixe, cette compagnie jouait aussi bien la tragédie et la pastorale que la comédie. (...)

Héritières d’une tradition rurale qui remonte aux atellanes et aux pantomimes de la Rome antique, les troupes de la commedia dell’arte étaient, à l’origine, presque toutes itinérantes. Vouées au voyage comme les jongleurs et les marchands, elles parcouraient l’Italie dans tous les sens, dressant sur les places de simples tréteaux, dotés de décors rudimentaires et de quelques accessoires.(...)

D’origine rurale, c’est un théâtre organique très proche de la terre. La commedia dell’arte s’appuie sur les passions des hommes, poussées au maximum de leurs conséquences. Les situations sont portées jusqu’à leur expression la plus limite, là où l’acrobatie entre en jeu, avec la mort. On meurt de tout dans ce jeu théâtral : d’envie, de jalousie, de rire. Rien n’est en demi-teinte, tout obéit à des pulsions vitales : plantée dans la misère du peuple, dans sa naïveté aussi bien que dans son intelligence, la commedia dell’arte est un théâtre où les personnages se soucient d’abord de survivre.


Une culture qui ne vient absolument pas des élites sociales (et intellectuelles), donc.

http://www.lebacausoleil.com/SPIP/artic … rticle=217
« La commedia dell’arte », in Jean-François Dusigne, Le Théâtre du Soleil, des traditions orientales à la modernité occidentale, CNDP, décembre 2003, pp. 22-23

Il y a bien une culture théâtrale rurale populaire en "ligne directe" de la tradition romaine antique, sans rupture, sans intermédiaire "savant" opérant une imitation des anciens ou reconstitution, bien avant que Politien fît son Orfeo profane sur le modèle des mystères, et totalement distincte des mystères organisés par les clercs des églises ou des centres urbains. Quand les savants redécouvraient dans les livres la littérature antique, le peuple rural avait conservé, lui, une forme de culture "classique" d'une grande pureté - même si c'est son aspect le plus "populaire" -, en abritant ces troupes itinérantes (très peu nombreuses) qui y avaient trouvé refuge quand le théâtre avait été interdit par l'Eglise à la fin de l'Antiquité dite "paléo-chrétienne" et dut plonger dans une forme de clandestinité, qui consistait à se tenir loin des centres urbains, se faire le plus "invisible" possible, survivre en faisant rire le plus bas de l'échelle sociale d'alors.

Peut-être que certains considèrent mes théories sur l'origine dionysiaque du tarot comme impossibles, comme un anachronisme", car pensant que la culture des cours est la culture de tous, mais j'ai au moins un "vecteur" culturel direct de la Rome antique à la Renaissance avec ce théâtre rural - et clandestin -, un milieu qui fut aussi sous le patronage de Dionysos-Bachus et fut le dernier refuge du paganisme tardif connu, avant qu'on perde sa trace "matérielle" car ayant quitté les villes. Jusqu'à ce que ces troupes commencent à revenir en ville, quand le théâtre "profane", à la suite e Politien, eut droit de cité à nouveau. Une "tolérance" en réalité, les comédiens étant toujours condamnés par l'Eglise et généralement excommuniés; Molière lui-même eut encore des problèmes dus à l'exercice de cet art, même protégé par le Roi Soleil lui-même. 

Evohé !
Daimonax

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#63 09-02-08 11:56:13

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

Regardez, si vous le souhaitez, à la grèce antique ou ROME, tout comme, en fait, les néo-platoniques cercles humanistes de Florence, Milan, Ferrare et Chartre de la renaissance à la fois des 12e et 15e siècles a fait.

Kwaw

Nous trouvons dans le théâtre également, l'utilisation des classiques grecs et romains comme modèles. Il y a des parallèles entre les thèmes et les caractères dans la commedia dell’arte  avec les comédies du terence et le plautus ; eux-mêmes modelés sur les comédies de l'Atellane grecs.

http://remacle.org/bloodwolf/comediens/Plaute/table.htm

http://remacle.org/bloodwolf/comediens/ … /index.htm

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...un jeu, je pense un bon jeu, qui mène par le biais de jouer à une connaissance de ce qui est bon et l'application de cette vision dans la vie quotidienne.

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#64 09-02-08 14:00:06

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Exact, d'autant que Plaute, avant d'écrire des comédies de la nea ou "comédie nouvelle", avait été un "clown" d'atellane pour les exoda des jeux scéniques. La différence principale, c'est que Térence, Plaute* ou Ménandre ont écrit leurs pièces du début à la fin, toutes les scènes et répliques, alors que la moitié au moins des scènes d'une atellane sont de pures improvisations très marquées par les gestuelles, et même les acrobaties (souvent grivoises), caractéristiques conservées dans la commedia dell'arte.

Aucun texte d'atellane ne nous est parvenu, seuls quelques titres de pièces et quelques fragments de vers des chansons, chez Macrobe par exemple, attestant que ce théâtre était encore bien vivant de son temps (fin du Ve siècle), malgré les interdictions déjà en vigueur et les nombreuses condamnations de l'Eglise, et qu'il avait lui-même assisté à des représentations pour connaître ces passages, puisque les "textes" de ces pièces, quand ils existaient, n'ont jamais été  diffusés au dehors des troupes qui les jouaient (et beaucoup des acteurs, souvent des affranchis très pauvres, déjà ne savaient plus lire à cette époque...), et qui ont fini par s'en passer en recourant à la mémoire et l'oral.

Evohé,
Daimonax

-----------------
* Sur Plaute. Si Plaute a écrit la Marmite qui a inspiré Molière pour son Avare, on connaît une céramique grecque provenant de Paestum (Campanie) montrant une scène d'un Avare ù le vieillard est accroché à sa "cassette" que deux jeunes gens veulent lui dérober.


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#65 09-02-08 14:04:43

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

Daimonax a écrit:

La première troupe de « comédiens de l’art » dont on a le souvenir s’est formée en Italie du Nord, à Padoue, où huit acteurs, guidés par un certain Zanini, ont souscrit en 1545 devant notaire un contrat professionnel établissant la composition et le règlement de la troupe, appelée Fraternal Compania.

La même année (1545), Angelo Beolco, "Il Ruzzante", que Dario Fo a appelé "le vrai père de la Commedia dell'Arte", a créé un caractère similaire à la Capitano, la première et la plus ancienne référence à un personnage de la Commedia dell ' Arte; et celui qui a un lien avec tarot.

Le personnage remplace atout II, la papesse, comme LE'SPAGNOL CAPITANO FRACASSE, dans le modèle belge de tarot. Peut-être est dans l'allusion à un culte secret souterrain, mais plus probablement qu'il apparaît comme la réflexion de l'anti-espagnol, anti-catholique polemique dans la régions septentrionales de l'Europe et du temps dans lequel il apparaît.

La connexion étant peut-être la Guerre de Succession d'Espagne, dans lequel les Pays-Bas espagnols [qui intègre la région dans laquelle le Tarot apparaît] devient Pays-Bas autrichiens.

La guerre de Succession d'Espagne a également soldé par l'autrichien reprise de l'ancien français dominions en Italie:

"Une des nouvelles possessions autrichiennes après la Guerre de Succession d'Espagne a été le premier Espagnol, désormais Pays-Bas autrichiens. Eugène fut fait gouverneur de cette région, puis devint vicaire de la terre autrichienne en Italie. "

Citation de l'article sur le prince Eugène de  (en Anglais) en:
Http://en.wikipedia.org/wiki/Prince_Eugene_of_Savoy

L'image de la carte est peut-être basée sur celle de «L'Espagnol» de Michel Lasne:
Http://expositions.bnf.fr/bosse/grand/104.htm

Tarotpedia listes suivantes comme les imprimantes connues de la mode belge:

Nicolas Bodet, Bruxelles (1743-1751)
Jean Galler, Bruxelles (1738-1760)
Sarton (1756-1767)
Jean Gisaine, Dinant (c.1750)
Martin Dupont, Bruxelles (1766)
Vandenborre, Bruxelles (1762-1803)

Un modèle classique du personnage de "la capitano" se trouve dans celle de "Miles Gloriosa" Plaute écrit par:
http://remacle.org/bloodwolf/comediens/Plaute/miles.htm

Les mêmes Tarot Belgique remplace V. Le Pape avec "Bacvs", la preuve indéniable de ce jeu est la survivance d'un ancien culte païen!

Peut-être , mais je ne le pense pas.

kwaw

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#66 09-02-08 14:54:28

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Et dans le même tarot il y a un Bacchus (à la place du Pape) en contrepoint de Fracasse. Mais pour moi c'est bien plus tardif et ayant perdu tout lien avec un "original" des tarots - d'autant l'image du Bacchus sur ce tarot est une pure invention de la Renaissance. Même si ces deux cartes semblent "confirmer" mon orientation de recherche vers le bachisme tardif et le théâtre romain son dernier refuge, je ne les ai pas retenues comme "arguments" pour ma thèse. Là, je parle de coïncidence heureuse.

Quant à Angelo Beolco, je pense qu'il a dû être frappé par les préoccupations exprimées dans ce théâtre populaire d'origine rurale (qui existait aussi en théâtre de marionnettes), et a développé un axe reposant sur le anti-héros, touché par nombre d'injustices (et même un certain athéisme) de son temps. Parfois les grands précurseurs "reconnus" (car il nous en reste quelques écrits) vont puiser une inspiration ou une "originalité" dans les traditions populaires (je pense au Mélusine de Jean d'Arras, par exemple), et je mets Angelo Beolco dans cette "catégorie".

Mais quid des pièces, personnages et troupes qui sillonnaient les campagnes avant ce retour en ville, avant que quelques lettrés n'imitent et transposent - "civilisent" - cette forme de comédie (tels Angelo Beolco ou Zanini, tous deux de Padoue, qui adaptent chacun un même modèle, hérité directement, sans rupture, de l'ancienne atellane romaine, mais avec leurs inventions propres par-dessus)? Il y a des terrains, comme l'argile, où chaque pas laisse une trace, et d'autres, comme un plateau calcaire, où aucune trace ne s'inscrit, c'est un peu la même chose entre la culture des villes, où l'on conserve les "traces", et celle des campagnes reculées, qui n'intéresse personne dans les villes de ces temps. Pour cette culture-là, il n'y a que le "folklore" et des traditions populaires (souvent très païennes malgré une christianisation de surface) à étudier, ou leurs reprises ultérieures, comme avec la commedia dell'arte: pratiquement aucun écrit pour être renseigné. Et je mets aussi le tarot dans cette catégorie, d'autant que j'y vois le même canal ou vecteur que cette comédie populaire et rurale longtemps "clandestine".

Evohé !
Daimonax


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#67 09-02-08 17:16:17

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Daimonax a écrit:

(...) tels Angelo Beolco ou Zanini, tous deux de Padoue

Notons que Padoue, cité ou cette comédie rurale dérivée de l'atellane romaine revient en ville et se transforme en dell'arte, n'est pas très loin de Ferrare, où est apparu le plus ancien tarot princier connu... On reste dans la même zone géographique (et culturelle, mis à part les rivalités entre les princes).

Evohé !
Daimonax


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#68 09-02-08 18:26:42

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

Nous commençons par un jongleur, un jongleur non seulement des «choses» mais des «mots» (au commencement était le verbe), un baratin, un boniment, mais aussi un poète, et l'un des premiers jeux du Tarot enregistré est celui de la poétique improvisé appelé "tarocchi appropriati", voici un exemple de la cour d'Isabelle d'Este:

"Par che l'angel, la stella, il sol, la luna
Col mondo, et chi con lui di viver brama,
Odiano la beltà, che il cielo aduna
Nel viso altier de la signora Mama.
Forsi per esser tra le Dee queste una
Che lor spogli del ben, che 'l valor ama,
O pur, per che ne morte, o ria fortuna
Dal fermo suo voler maj la richiama:
però dee creder fermamente ognuno
Ch'un spirtito malvagio habbia costej
Supposta solamente al Barattino
Per poter dire i buoni tarocchi mej
Saran, s'avien ch'io giuochi, et questi uno
Vo trare il Matto ch'è cervel divino.*


"Par que l'ange, l'étoile, le soleil, la lune
Avec le monde, et qui avec lui de vivre désire ardemment,
Haïssent la beauté, qui le ciel rassemble
Dans le visage plus altier de la dame Mère.
Peut-être pour être entre les Déesses celles-ci une
est dépouillé de le bon, que mérité l'amour,
Ou peut-être parce que ni la mort ni la fortune perditious
De sa propre entreprise peut se rappeler d'elle:
cependant des déesses croire fermement
Cette femme, doit posséder un esprit de la méchanceté;
Seulement disciple de la Baratin, 
On mesure de dire «le meilleur tarot pour moi-même 
Doit être, de jouer comme je s’il vous plaît, et tirez
Celui-ci, le Matto ou divin cerveau."

Signorina Mamma est S. Mamma Riminaldi de la cour d'Isabelle d'Este, qui se voit accorder le Mat dans cette liste de "tarocchi appropriati" dames de la cour:

http://www.tarock.info/bertoni.htm

Il Matto
La S. Mamma Riminaldi. - Nulla val la beltà senza pazzia.

Par «déesse» je fais l'hypothèse que le poète fait allusion aux dames de la cour à chacun d'eux une carte est attribué.

(Si quelqu'un peut offrir une meilleure traduction en français de l'original italien s’il vous plaît faire.)

Kwaw
*Berti and Vitali 1987. "Le carte di corte. I tarocchi" p.107-108.

Dernière modification par kwaw93 (09-02-08 19:25:32)


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#69 09-02-08 18:50:46

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Très intéressant ! Un témoignage écrit s'inspirant nettement du tarot (mais postérieur à la date reconnue du tarot Visconti). On peut y voir que le tarot et certaines de ses figures frappent fortement l'imagination de lettrés dans cette cour à Ferrare (où est née isabelle d'Este) ou Mantoue, mais ce ne peut être encore un argument accréditant une origine "érudite" ou "lettrée", issue des élites sociales, du tarot lui-même.

Sinon, le Bateleur n'est pas un jongleur, mais un "magicien".

Evohé !
Daimonax

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#70 09-02-08 19:30:37

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

*Berti and Vitali 1987. "Le carte di corte. I tarocchi" p.107-108.

Voici une liste chronologique des sources "tarocchi appropriati" par Ross Caldwell:

http://trionfi.com/0/p/28/

Kwaw

Dernière modification par kwaw93 (09-02-08 19:31:14)


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#71 09-02-08 20:27:02

Daimonax
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Re: Le doigt du Bateleur

Je connais déjà, mais je ne partage pas ces opinions; que je juge "limitatives" car restreintes aux traces écrites.

AJOUT. Je parlais du site en général - et de Vitali -, site que je juge par ailleurs remarquable et très intéressant (pour moi, surtout pour l'influence que le tarot a pu avoir un moment - et encore aujourd'hui), bien que l'anglais soit pour moi une vraie difficulté.     

Evohé !
Daimonax

Dernière modification par Daimonax (10-02-08 01:51:15)


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#72 12-02-08 08:37:24

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

Daimonax a écrit:

Sinon, le Bateleur n'est pas un jongleur, mais un "magicien".

Evohé !
Daimonax

(traduction par google):

Italien jongleurs appelé bateleurs, par example, en 1588 Bourgeville Bras de rappeler la visite à caen en mai 1549 de "jongleurs dicts batteleurs, Italiens, lesquels faisoyent choses admirables en agilitez de corps".

(Cité dans Lebégue, "La Comédie Italienne", pp.11-12)

Jougleur / Jouïgleur: Un Jongleur, aussi, un Rimer, ou poète.
Jougler. Comme Jongler. À jongler, aussi, de jouer le Poète
Jongleries: F. Jonglerie astuces, des prouesses legierdemaine; aussi, les vieilles inventions Poeticall

Citation:

"Le mot iocus en latin classique signifie une blague ou blague, un objet de dérision ou de risée ou une broutille, un enfant de jouet, pas d'importance. Ioculator est très rare dans l'utilisation classique, l'un des rares exemples étant une lettre de Cicéron à Atticus, où un vieil homme, Scaevola, est décrit comme un «joker». Au Moyen Âge, toutefois, il est beaucoup plus fréquent et il est fréquemment trouvée dans la langue vernaculaire comme jogleor (vieux français) et jogelour (Moyen anglais), à partir duquel l'anglais moderne "jongleur" est dérivé. Le jongleur était essentiellement un amuseur itinérant avec beaucoup de compétences et réalisations. Il pourrait être un bouffon, clown, tumbler, danseur, acteur, mimer, ménestrel, chanteur ou poète. Fréquemment, tour de passe-passe ou de la prestidigitation faisait partie de son acte, de sorte jogelour signifie souvent «illusionniste» ou «illusionniste». Avec de tels talents, il n'est pas surprenant que les jongleurs bientôt gagné la réputation d'être des charlatans et co-hommes, et dans le Moyen-anglais, le mot est souvent utilisé pour signifier «parasite, séducteur, ou vaurien". De plus, étant "Tickerman libre fantaisie», détachée de la société normale et de l'emploi, le jongleur était considéré avec quelque chose comme de la méfiance suscitée par les beatniks et les hippies des années 1960.

Fin de citation:
Perfect Fools: Folly l'amour pour le Christ dans la spiritualité catholique et orthodoxe par John Saward (1980)

Citation:
"Les jongleurs, une classe de ménestrel qui ont accompagné ces troubadours qui ont choisi de les emploient. Durant la cruelle des guerres contre l'Albigeois ces chevaliers bardes disparu, mais le mercenaire jongleurs resté derrière. Certains d'entre eux ont visité l'Orient, et ont appris l'art de l'illusionnisme et certains n'ont pas de la poésie en eux et vécu par des antiquités…

Fin de citation:
Notes et Requêtes, Divers auteurs publiés G. Bell 1872.

Citation:
"Quiconque est à tous les familiariser avec l'histoire littéraire du Moyen Age, est consciente qu'une part importante de l'activité du jongleur, ou ménestrel, était de raconter des histoires, souvent d'un ridicule, et pas unfrequently d'un très gros , La description. Nos historiens littéraires tombées dans l'erreur de supposer le jongleur à simplement être les descendants des anciens barde: il était, au contraire, propre à l'ère qui a suivi les croisades, et il s'agissait sans doute d'une importation en provenance de l'Est. Ses attributs sont beaucoup plus variés que ceux de la saxons ou allemands ménestrel. Il fut tour à tour un conteur d'histoires, musicien, mountebank, et un prestidigitateur…

«… Nous nous réunissons avec les incidents, non seulement dans les romances médiévales, mais dans le séchoir pages du chroniqueur, qui montrent qu'il n'est pas rare que des jongleurs et ménestrels Saracenic de suivre leur vocation chrétienne dans le pays. Au cours du demi-historique, la moitié de l'histoire légendaire de Fidke s'inscrit Warine, l'un des hors-la-loi », qui connaissait assez de main-d'œuvre, harpe, viole, sitole et jonglerie" (savoit assez de tabour, harpe, viole, sitole, jogelerie e), Noircit son visage et de la peau, et les réparations à la cour du roi Jean dans le déguisement d'un ménestrel mauresque, et il y est bien accueillie, rend "beaucoup minstrelsy de tabour, et d'autres instruments", et montre par son sleight de la main que Il était une interdiction jogelere. Les premiers romans de fournir d'autres exemples de maure ménestrels, ou des personnes dans ce déguisement, diverti à la cour des princes et des barons chrétiens, et à l'inverse de Christian jongleurs qui ont visité les Sarrasins. "

Fin de citation:
Essais sur des thèmes liés à la littérature, les superstitions populaires, et de l'histoire de l'Angleterre Par Thomas Wright (1846)

Citation:
"Il n'est pas jusqu'à la treizième siècle que nous entendons des troubadours en Italie. Puis Raymond Berenger, comte de Provence, s'est rendu à l'empereur Frédéric II. Ce qui porte à Milan troubadours et jongleurs dans son train. Ainsi enseignée, l'Italie a produit bientôt sa propre trovatori et à l'influence de la poésie provençale a été ressentie dans la terre depuis de nombreuses années.

"The Italian jongleurs fréquemment portées pour le détournement de leurs clients sleight de main et astuces singes, les chameaux et les ours dansants, ainsi que les chansons populaires de l'époque, les performances d'un montant brut sorte de vaudeville. De ce point nous pouvons Voir l'évolution de la vie moderne "jongleur" depuis le jongleur. Mountebanks Ces itinérants pour un temps bénéficié de la faveur de l'église et ont été autorisés à prendre part aux jeux de la passion et de mystères. "

Fin de citation:
Http://www.tribalsmile.com/music/article_26.shtml

Voici un bateleur ou jongleur avec son singe sur son dos, porte un turban, sa queue de suite derrière le turban (ou avec une plume dans son turban), et foream sa patte sur le joungler l'épaule droite (de la fiche Cary):

http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/CYBateleurMonkey.jpg

L'un des premiers titres que nous avons enregistré est «bagatelle» qui signifie à la fois jongleur (dans le sens plus large sémantique de la période) et une broutille, les petites choses de peu de valeur. Et je pense que dès que le nom et l'intention de ce type d'image est peut-être sur ce genre de mots punning entre l'image sur la carte et la valeur de la carte à jouer, et que d'autres noms pour la carte se pose comme synonymes ou de traductions, soit L'un de ces deux sens du titre original; basteleur que, par exemple, est tout simplement une simple traduction de bagatelle dans le sens de iugler.

La coupe et balles de routine a également été pris comme une métaphore de la rhétorique et de la jonglerie ou jouer de mot. Le jongleur fait des cabrioles de phrases, jongle avec ses plus beaux paradoxes.

Je pense le mot "magicien" à l'époque, était plus susceptible d'être utilisée pour une conjuror, qui pratiquaient la magie, un negromancer?

Celui qui pratiquait legerdemain, prestidigitation, un joueur de tours de passé passé, ou de la coupe et de balle, est plus susceptible d'être appelé un jongleur ou bateleur. Certainement, en Anglais à l'époque, un "iugler", pas une magicien.

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...un jeu, je pense un bon jeu, qui mène par le biais de jouer à une connaissance de ce qui est bon et l'application de cette vision dans la vie quotidienne.

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#73 12-02-08 16:57:28

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

Je pense le mot "magicien" à l'époque, était plus susceptible d'être utilisée pour une conjuror, qui pratiquaient la magie, un negromancer?

Celui qui pratiquait legerdemain, prestidigitation, un joueur de tours de passé passé, ou de la goblet est plus susceptible d'être appelé un jongleur ou bateleur. Certainement, en Anglais à l'époque, un "iugler", pas une magicien.

Selon mon dictionnaire étymologique anglais le plus tôt l'utilisation du mot "magicien" dans le sens du "legerdemain, de l'illusion d'optique, etc" est à partir de 1811.

En français, quand fut le mot "magicien" utilisé pour la première fois dans le sens de "legerdemain, de l'illusion"?


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#74 15-04-08 08:05:26

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

- Il fait d'un coq une poulette,

http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/noblet/01.jpg

- II joue des arts de Toulete. (XVe siècle.)

(Mystère de saint Denis. Mystères inédits du XVe siècle, etc., p.116.)

“Sire, il preche un Dieu à Paris
  Qui fait tous les mouls et les vauls.
  Il va à cheval sans chevauls.
  Il fait et defait tout ensemble.
  Il vit, il meurt, il sue, il tremble.
  Il pleure, il vit, il veille, et dort.
  Il est jeune et vieux, foible et forte.
  Il fait d’un coq une poulette.
  Il joue des arts de Toulete,
  Ou je ne sçais que ce peut être.”

Le livre des proverbes français 1842, By Le Roux de Lincy, Ferdinand Denis:

http://books.google.co.uk/books?id=sfTT … &hl=en

TOLEDE. P. jouer des arts de- (attraper, faire des tours de prestidigitateur)
http://books.google.co.uk/books?id=cJkG … ISO-8859-1

TOLÈDE. Jouer des arts de Tolède.
Attraper, tromper, faire des tours de force. (XVe siècle.)

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#75 15-04-08 22:09:50

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

COQUILLE: la coupe et de balle jeu, c'est aussi connu comme le coque et les pois jeu, et le terme bailler de coquilles a été utilisé idiomatique d'un tricheur, un imposteur, un mountebank , et dresser une coquille a été utilisé pour signifier à élaborer une astuce; d'inventer une tricherie concevoir, un piège pour une bécasse, de poser un piège pour un fol.

COQUILLE: c'est aussi un terme employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril, comme par exemple dans la Farce de frere Guillebert 16ème siècle:

Ha! s’il me prenoit en mercy
Et qu’il prinst toute ma robille!
http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/noblet/01.jpg
Mais, helas! perdre la coquille,
Mon Dieu! c’est pour fienter partout.


citation:

COQUILLE, membre viril, ce qui sert à cauquer.

Ha! s'il me prenoit en mercy
Et qu'il prinst toute ma robille!
Mais, belas! perdre la coquille,
Mon Dieu ! c'est pour flenter partout.

Ancien théâtre françois, ou, Collection des ouvrages dramatiques Tome X, Glossaire publié par Viollet Le
Duc (Emmanuel-Louis -Nicolas), Anatole de Montaiglon Publié 1857, p.161

A Dictionarie of the French and English Tongues
Compiled by Randle Cotgrave
London
Printed by Adam Islip
Anno 1611

Coquille:
http://www.pbm.com/~lindahl/cotgrave/search/238r.html
_________________

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#76 06-05-08 00:09:31

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

Daimonax a écrit:

Et dans le même tarot il y a un Bacchus (à la place du Pape) en contrepoint de Fracasse.

Le Bentvueghels ont été une société néerlandaise et flamande artistes actifs à Rome, passant d'environ 1620 à 1720.

Les membres comprenaient des peintres, des etchers, sculpteurs et poètes. La clique des peintres (Schildersbent), étaient connus pour leur genre de sujets et scènes paysannes faible scènes de la vie des joueurs, des charlatans et des prostituées.

http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/Vieville/Baburen_Dirck_van_The_Procuress.jpg
Baburen: La Madam


http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/Vieville/Karel_Dujardin_1657_A_Party_of_Char.jpg
Dujardin: Un groupe de charlatans

Le groupe était bien connu pour ses ivre, bacchanale rituels d'initiation. Ces célébrations, parfois durer jusqu'à 24 heures, conclu avec le groupe marche à l'église de Santa Costanza, populairement connu à l'époque comme le temple de Bacchus. Là, ils ont fait des libations et de Bacchus devant le sarcophage de porphyre Constantina (maintenant dans les Musées du Vatican), qui a été considérée comme sa tombe parce que bacchanale de ses motifs. Une liste de ses membres mai encore être vu dans une de l'église de chapelles latérales. Chaque fois qu'un nouveau membre est arrivé du Nord, le groupe tenue indulgent, souvent plusieurs jours initiations appelé "baptêmes." Images de la cérémonie d'intronisation des nouveaux arrivants représentent la couronne de lierre et déchu à un pagne à ressembler à Bacchus.

http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/Vieville/koninck.jpg

Bacchanalia par Koninck, 1654 (les 'bentvueghels')

Très souvent, l'initié est montré assis à cheval sur un tonneau de vin alors que d'autres membres se réunissent autour de l'alcool dans réjouissances. Les nouveaux membres ont été données "Bent" surnoms comme "Biervliech" (Baburen), "Batavier" (van Hoogstraten) et «Satyre» (Poelenburgh). La cérémonie a été présidée par un Bent "prêtre", bien que la décision implicite de se moquer du saint sacrement a été jugée si blasphématoire par la société romaine qu'il a été condamné en 1669 et finalement interdit par décret papal en 1720.

Kwaw

citations (Anglais):

http://en.wikipedia.org/wiki/Bentvueghels

DISSOLUTE SELF-PORTRAITS IN SEVENTEENTH-CENTURY DUTCH AND FLEMISH ART by Ingrid A. Cartwright, Ph.D., 2007:
https://drum.umd.edu/dspace/bitstream/1 … d-4997.pdf

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#77 06-05-08 00:53:37

kwaw93
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Re: Le doigt du Bateleur

kwaw93 a écrit:

Les membres comprenaient des peintres, des etchers, sculpteurs et poètes. La clique des peintres (Schildersbent), étaient connus pour leur genre de sujets et scènes paysannes faible scènes de la vie des joueurs, des charlatans et des prostituées.


http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/Vieville/Baburen_Dirck_van_The_Procuress.jpg

Vin prépare la voie à l'amour:

http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/Vieville/BodetV.jpghttp://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/Vieville/BodetVI.jpg

Bacchus la voie à Vénus. L'artiste invoque le "frénésie divin" à travers l'intoxication, un type de folie l'autorité pour laquelle il trouve dans Platon, Virgile, Ovide. Ainsi, dans ce modèle belge nous voir la carte la plus forte l'idiot est fixé à XXII.

http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/Vieville/VANDENB22.jpg

Le fou, le divin frénésie qui est la muse de l'artiste, a été porté à plus haute fonction.

Ce mode de vie dissolue de la Compagnie hollandaise des artistes de la Bentveughel apporte la profession dans le discrédit, s'est plaint Van Mander, il excessive d'alcool et le comportement fou.

"Van Mander est également concerné pour les artistes qui sont de gaspiller leur argent sur les plaisirs sensuels.

http://i161.photobucket.com/albums/t212/kwaw/Vieville/BodetXIIII.jpg

Parlant de leur potentiel renommée comme étant semblable à la richesse, il a déploré le potentiel célébrité de l'artiste tombé de la poche à un verre de vin."

Dernière modification par kwaw93 (06-05-08 00:55:31)


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#78 04-08-08 10:59:30

shoral
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Re: Le doigt du Bateleur

bonjour ,

J'ai trouvé cette reproduction (Bateleur) dans le livre de E.d'Hooghvorst intitulé "Le fil de Pénélope" ...sauriez-vous à quel tarot il appartient et si celui-ci est disponible à la vente ?

Bonne journée,

le clown

http://misticgris.free.fr/rose/bat.jpg

Dernière modification par shoral (04-08-08 11:00:31)

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#79 04-08-08 11:23:29

Charly Alverda
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Re: Le doigt du Bateleur

Bonjour Shoral

Ce " Bagatino " ( vers 1450) est un Tarot de la famille Visconti-Sforza et attribué par la spécialiste Germaine Moakley au peintre Bonifacio Bembo car il était le peintre favori de Bianca Visconti Sforza.

A votre service

C...a

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#80 04-08-08 12:13:23

shoral
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Re: Le doigt du Bateleur

Merci Charly une nouvelle fois de votre réponse...

A+

le clown

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#81 04-08-08 14:08:53

Tempérance
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Re: Le doigt du Bateleur

Bonjour,

Merci Shoral, et Charly pour cette découverte. Avec mon regard je vois ce bateleur tourné vers le passé certes, assis sur un siège en carré comme celui de l'empereur, (avec un trèfle) mais il est loin d'être dans le mouvement comme sur les autres jeux en ma possession, malgré tout il est vêtu de rouge (l'action) sa baguette magique est bien grande, et sur le bord du chapeau est-ce un serpent qui apparaît ? il manque toujours un pied à la table, il a de la barbe, ses mains sont belles et fines et font penser à un travail artisanal de précision. Sur la table on dirait un chapeau de paille NON ? qui pourrait avoir sa signification.

Charly sur le Conver je n'arrive pas à voir le chiffre 4 sur la 12 et je ne vois pas non plus le serpent sur la roue du chariot, par contre elle apparaît coincée... j'ai compté toutes les roues des jeux en ma possession je trouve 6 rayons à chaque fois.

La RDF me pose un petit problème c'est la raison pour laquelle je n'ai pas osé la mettre en ligne, d'ailleurs tous les 10 me posent souci, j'en ai parlé avec LE et depuis j'ai besoin de me faire ma propre idée, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.

Bonne journée,

Tempérance

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#82 04-08-08 17:20:29

shoral
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Re: Le doigt du Bateleur

bonsoir Tempérance,

Je trouve que les images numérisées prennent plus d'éclat sur un écran que dans un livre. Je trouve magnifique celles qui précèdent ce post.
Juste une parenthèse qu'entends-tu , chère Tempérance, par RDF ? Rire, Détente, Fête ...

Par contre ,pour la suite de ta demande je suis complètement ignorant de la chose ...

Bonne soirée,

le clown

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#83 04-08-08 18:38:05

Tempérance
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Re: Le doigt du Bateleur

Bonsoir Shoral,

Je voulais parler de la lame Roue de Fortune, Joss a laissé un message je vais essayer de bavarder avec cette chère roue.

Tu as raison les photos sont superbes.

A+

Tempérance

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