Tradition des tarots de Marseille

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#1 11-04-08 20:05:26

Charly Alverda
Membre Soleil
Date d'inscription: 29-03-08
Messages: 854

Le Tarot des Imagiers du Moyen-Age

Bonjour à tous

Je reprends un peu provocateur le titre de l'ouvrage bien connu de Wirth, un ymagier étant au moyen-âge un sculpteur ! Mais cela me fait une introduction pour justifier une datation du Tarot

Le héros du Graal, le " nice ", le naïf, le fils de la veuve dame, pénétrant dans la « gaste forest » délimite le champ-claîrière de sa conscience en lançant ses javelots :
« Une ore arrière et autre avant,
Une ore en bas et autre en haut. »

Couple d'opposés tels ceux du cortège du Graal : la lance et le Graal, les deux chandeliers et le tailloir.

La psychologie jungienne a redécouvert l'antique science du Graal : l'ensemble de la personnalité (conscient et inconscient) est à la fois totalité et centre de la psyché, et l'image primordiale qui sous-tend toutes les représentations de ce « Soi » est celle du croisement de deux couples d'opposés énergétiques. « Le nombre du Soi est le quatre et il interprète le monde et l'homme comme lui-même à travers la grille de sa propre structure, qu'il projette » (Jung, Aïon).

Progressant vers le château du Graal, Perceval perçoit d'abord le sommet d'une tour carrée ceinte de tourelles ; puis quatre serviteurs viennent à sa rencontre, le quatrième le revêtant d'un manteau d'écarlate, couleur de l'initiation. Il est introduit dans une salle carrée où quatre cents hommes auraient pu prendre place, au centre de laquelle est une cheminée soutenue par quatre colonnes. Gauvain subit une initiation parallèle au château des reines dans une salle qu'éclairent quatre cents fenêtres et où le lit de la merveille monté sur quatre roues est illuminé par des escarboucles brillant plus que quatre cents cierges allumés.

L'homme médiéval n'est pas un "individu", même dans les villes, il n'existe qu'à l'intérieur d'une corporation et d'une confrérie.

La configuration du cerveau humain ne permet qu'une perception basée sur le binaire et les images/pensées apparaissent exactement comme les phénomènes " par croisement de deux couples d'opposés énergétiques ". Le mot désignant le " papier "  est en latin charta, on joue donc aux jeux de quartes rayonnants de leurs 4 couleurs.  Si dater l'introduction des cartes à jouer en Europe est bien hasardeux à cause de cette vision quaternaire du " Monde ", il n'en est pas de même pour le Tarot qui illustre particulièrement bien ce  " tissage du monde " par les QUATRE " éléments " et permet d'établir que la série supplémentaire des triomphes est une " quinte " (je fais allusion à Rabelais et à la diffusion du concept de quinte-essence alchimique ) et que nos SEPT TARROCHI naissent au tout début du XVIè siècle quand l'enseignement de l'hermétisme et de la cabale sont parfaitement intégrés dans le mileu des "gens du papier " : cartiers et imprimeurs, mais aussi graveurs et peintres qui utilisaient les réseaux secrets des imprimeurs.

Il faut noter que manier autant de cartes qu'au Tarot, jusqu'à 97 pour le Minchiate, devait être malaisé pour les joueurs ! Compter les cartes numérales sans numéros dans les premiers jeux devait être fastidieux " plus à charge qu'à plaisir ! " dit une règle, et il fallait apprendre tous les noms italiens !

Ficin en traduisant les écrits hermétiques avait prit peur, on peut s’imaginer le florentin établi à la fine pointe de l’expérience occidentale, contemplant fasciné les “ perspectives “ infinies émergeant d’un Nouveau Monde constitué de l’infinité des correspondances de ses singularités/ fragments.
A ce point, sa vision s'était troublée car il “ savait  “ que son corps de chair était lié à la terre, son âme immortelle, et son esprit animé par les astres; né sous le signe du Verseau il se vit “ enfant de Saturne “  et craignit donc que cette nouvelle sensibilité renforçât le rôle néfaste attribué jusqu'alors à Saturne. Il se confia à son ami Cavalcanti qui estimait que la plus haute des planètes était la source de la plus haute créativité et l’exhorta à mieux considérer les choses, ce qu’il fit heureusement.
C'est cette mutation de la conscience occidentale qu'a illustré Dürer dans ses deux gravures (qu'il offrait toujours par paire) la Mélencolie et Saint Jérôme.

Bien entendu pour le peuple paysan le moyen-âge dura selon quelques historiens jusqu' à la 1ère guerre mondiale ! ( lire la Billebaude de Henri Vincenot)

Je viens de lire le texte de M. Vitali présenté par A. Bougearel, je suis d'accord sur sa présentation du problème, excepté qu'il me paraît beaucoup plus probant que l'iconographie tarotique est issue de la représentation des décans, mais c'est mineur pour moi puisque les productions des peintres de cour ne rentrent pas dans ma sphère de recherches ! Dommage que je ne puisse utiliser les smileys !!

C...a

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